Comprendre l'expérience et concevoir l'interface, avec Guillaume Genest
Télécharger MP3==/ Sous-titres générés avec IA (Whisper), editing et proofing par Guglielmo Fernandez Garcia /==
Je suis sûr que vous avez déjà rencontré des frustrations lors de l'utilisation d'un
site web.
Vous aussi vous vous sentez addict à certaines applications ? Est-ce que le simple fait
de scroller sur quelques publications récentes vous empêcherait presque de lâcher votre
téléphone ? Il y a une discipline qui peut expliquer ces différentes réactions.
C'est l'UX Design, ou design d'expérience utilisateur.
Pour ce premier numéro de cette nouvelle formule d'Azerty, avec Guglielmo nous avons
choisi d'inviter une personne qui a fait de la conception d'expérience numérique
son métier.
J'ai nommé Guillaume Genest.
Guillaume Genest est UX designer et concepteur d'interface pour le studio User Tales.
Et au micro d'Azerty, il nous parle de son métier, de ses méthodes de travail et de
l'expérience utilisateur des grandes plateformes numériques.
Pour commencer, on a voulu reprendre les bases avec Guillaume.
Alors, on lui a demandé de nous expliquer un peu ce qui se cache derrière la notion
d'UX Design en prenant pour appui son métier.
On va dire que, comme tu l'as dit, moi je me définis comme UX, UI designer, c'est-à-dire
que UX, donc User Experience, expérience utilisateur, donc je me définis comme un
designer, un concepteur qui va avoir à cœur de définir, de construire l'expérience
des usagers, principalement sur Internet.
Donc moi, ma spécialité c'est des interfaces numériques, d'où le côté UI, User Interface,
mais c'est vrai que l'UX Design peut aujourd'hui s'appliquer à plein plein d'autres domaines.
Donc voilà, en gros, mon travail c'est de concevoir des expériences utilisateurs
agréables, en tout cas efficientes, et qui servent aux gens dans leur quotidien pour
justement réaliser tout un tas de tâches à travers les interfaces numériques.
Il faut sortir cette nomination d'UX Design de la pure sphère du numérique, puisque finalement
ça tient à quoi de faire de l'UX dans son métier, peu importe le métier en fait.
Ça tient au fait de mettre en place une méthodologie pour venir prendre de l'information
auprès des utilisateurs finaux, auprès des usagers finaux.
Donc ça peut être en fait dans tout un tas de domaines particuliers.
Ces dernières années, on a vu, pour prendre un exemple rébarbatif au possible par exemple,
des fiches de paie se simplifier, être plus lisibles.
Pourquoi ? Parce qu'à un moment donné, les gens se sont posé la question de se demander
si les gens comprenaient bien ce qu'ils recevaient, et la réponse était non en fait.
C'était un charabia très technique en fait, très métier, et l'UX Design peut-être
est cette brique qui a pour rôle justement de décomplexifier certains univers professionnels
pour faire le pont entre cette complexité et les usagers finaux.
Et il y a des gens notamment qui se regroupent autour du terme de designer éthique qui justement
eux ont cette volonté de décomplexifier via l'UX Design et via le design de manière
générale toutes ces notions-là dans la vie de tous les jours pour tout un tas de
sujets pour que tout un chacun puisse être plus maître aussi de ce qu'on nous met
dans les mains en tant qu'utilisateur finaux, parce que c'est aussi ça le but final du
truc, c'est qu'on l'utilise mieux, mais qu'aussi on en soit plus maître.
A mes yeux, ce que Guillaume nous dit est très particulier.
Il y a de l'informatique dans l'UX, d'accord, mais il y a aussi de la psychologie, de la
sociologie, certainement pas des disciplines que nous avons l'habitude d'associer à
l'informatique.
Démendant alors, quelle est l'origine de l'UX ?
L'UX Design vient des sciences cognitives, de la psychologie, de l'ergonomie, puisque
à l'origine le terme d'UX a été inventé par quelqu'un qui travaillait chez Apple
dans les années 70 et qui justement lui était un spécialiste des sciences cognitives
à l'époque où Apple se posait très certainement des questions de comment mieux vendre ses
produits, comment les faire les plus simples et les plus utilisables possibles.
Ce terme d'UX a vraiment explosé dans l'univers du numérique, dans les agences web il y a
à peu près une dizaine d'années on va dire, avec l'arrivée justement de profils
plus experts et aussi par l'arrivée de personnes qui étaient là depuis longtemps
et qui se sont battues pendant des années pour justement faire reconnaître cet aspect
de s'intéresser aux utilisateurs finaux que sont les ergonomes, qui est un métier
qui existe depuis longtemps, l'ergonomie ça touche un tout un tas de sujets dont les
interfaces numériques et c'est vraiment ces métiers là qui ont apporté leur expertise
à un univers qui était effectivement très technique, très technologique à la base
avec des développeurs principalement.
Ce que nous apprend là Guillaume Genest, c'est que les sciences cognitives sont une
composante essentielle du travail de l'expérience utilisateur.
Pour moi ça pose la question de la méthode.
Est-ce que l'UX Design emprunte des méthodes de travail aux sciences cognitives ? Quels
sont les moyens qu'on peut mettre en place pour comprendre l'utilisateur ?
L'UX Design est aujourd'hui quelque chose qui peut être un petit peu galvaudé par
le fait que justement on a une multiplicité des méthodes pour aller questionner les utilisateurs
puisque finalement si on résume un peu tout ce qu'on dit depuis le début, l'UX Design
convient à en cours de la création d'une interface web ou d'un produit physique d'aller
à la rencontre des gens qui vont utiliser cette création pour leur demander est-ce
que ça vous plaît ou pas ?
Aujourd'hui il y a plein de méthodes qui permettent de le faire direct ou indirect
mais ce qu'il est important de noter c'est que ces méthodes elles doivent être scientifiquement
exactes.
C'est-à-dire qu'il y a justement une méthodologie pour mener à bien ces entretiens et on fait
appel pour avoir des résultats de qualité, des résultats qui sont compréhensibles à
des gens qui sont notamment par exemple ergonome, psychologue du travail, UX Researcher dont
le métier va être de mettre en place un protocole expérimental puisqu'en fait on est vraiment
dans cet univers-là avec des choses normées qui seront communes à tous les utilisateurs
et utilisatrices qui vont justement passer cet entretien, ce test d'usage, tout un tas
de méthodologies et qui ensuite vont pouvoir donner des résultats qui vont être normés
et qu'on va pouvoir étudier.
Là où aujourd'hui il peut y avoir aussi beaucoup de gens qui vont faire les choses
un petit peu aux doigts mouillés entre guillemets et qui vont en tirer on va dire des conclusions
qui peuvent être biaisées par rapport à son vécu personnel ou à même ce qu'on a
envie d'apprendre des utilisateurs et des utilisatrices.
Et la manière dont il nous parle de son métier, les utilisateurs, nous, semblent quelque part
passifs soumis aux recherches de l'UX dont nous sommes les sujets d'études.
Mais il me semble étrange que ce soit la seule façon de se poser au sujet, des façons
un peu verticales disons.
Voyons avec Guillaume s'il y a dans ces domaines des possibilités de co-construction
par exemple.
Un exemple très concret, j'avais été missionné sur un projet d'un réseau social d'entreprise.
Cette entreprise c'était une entreprise où il y avait énormément de profils divers
puisque c'était une entreprise en gros qui transportait des matériaux donc on avait
des gens dans des bureaux face à des ordinateurs, on avait des gens dans des entrepôts, on
avait des gens dans des camions.
Et le réseau social de cette entreprise avait pour volonté de faire en sorte que
toutes ces personnes communiquent entre elles déjà et qu'elles partagent leurs idées
au quotidien pour améliorer la manière de vivre leur quotidien.
Mais ça pouvait être des choses très très techniques par exemple comment stocker des
choses dans des entrepôts de manière plus effective et tout ça quoi.
Et ça ne marchait pas, ça ne marchait pas, personne n'allait dessus et les gens qui
avaient créé cette interface étaient très déçus de ça, ça faisait des années qu'ils
le portaient à bout de bras en interne et ils étaient fatigués quoi.
Et donc ils nous ont missionné pour justement qu'on vienne et qu'on mette en place toute
une méthodologie de prise d'informations auprès des utilisateurs pour construire justement
la nouvelle version en fait de cette interface et donc c'est passé par tout un tas d'ateliers
avec ces gens autour d'une table, il y avait une méthodologie, il y avait un cadre et
on récoltait leurs ressentis, on récoltait leurs idées, on a vraiment fait de la co-conception
avec ces personnes.
Malheureusement je ne sais pas le bout de cette histoire parce que la mission s'arrêtait
dans le fait de livrer justement à l'entreprise une bible dans laquelle on récoltait toutes
ces informations là, on leur donnait nos propres diagnostics, on leur faisait quelques
propositions d'arrangements de l'existant et comment on pouvait justement améliorer
tout ça.
Donc il y avait beaucoup de pistes de réflexion mais en tout cas la manière de travailler
sur ce projet ça a été ça effectivement, ça a été de co-construire avec plein de
personnes très éclectiques dans leurs connaissances du web, dans leurs usages au quotidien parce
qu'on passait vraiment de personnes qui n'étaient presque pas équipées dans les
camions, qui avaient un téléphone mais qui était souvent leur téléphone à eux donc
ils n'avaient pas l'application d'entreprise dessus, à des gens qui passaient leur journée
devant un ordinateur parce qu'ils faisaient de la com etc.
Et il s'est passé des choses dans ces réunions, dans ces moments de travail, de co-conception
qui était hyper intéressante où pour la première fois ces gens se parlaient et parlaient
de comment ils vivaient leur entreprise quoi et ça ces moments là c'est des moments
qui sont géniaux et qui montrent un peu je pense la voie à suivre dans la co-conception
et dans la création d'une bonne expérience utilisateur quoi.
Ok pour les méthodes, elles sont diverses, peuvent dépendre du projet, mais quand Guillaume
nous parle de respect d'un certain cadre scientifique, je me dis qu'il y a forcément
des freins à l'interprétation de ces résultats.
Alors comment confronter les résultats de recherche menés sur les utilisateurs aux
objectifs économiques et aux recommandations marketing ?
On va dire que sur le papier c'est un combat un peu de tous les jours parce qu'effectivement
il peut y avoir bien souvent des objectifs de rentabilité, des objectifs de rapidité,
des objectifs d'achat sur un site par exemple qui vont amener à inscrire dans le projet
des pratiques qui peuvent être connotées négativement par les utilisateurs mais aussi
de manière générale par les concepteurs qui connaissent aussi le fait qu'il y ait
des bonnes pratiques et des mauvaises pratiques, on parle notamment de dark pattern pour ces
mauvaises pratiques qui visent justement à un peu manipuler les utilisateurs, les utilisatrices
pour accélérer leur comportement qui est bien souvent un comportement de consommation.
Donc je pense que ces dernières années c'était assez vrai de dire qu'il y avait justement
un combat entre ces deux entités, le marketing qui était là depuis longtemps on va dire
avec ses propres méthodes d'analyse aussi et puis ses propres manières d'échanger
avec les futurs consommateurs des projets et des produits développés et donc ceux qui
étaient plutôt en charge d'être pour le bien-être des utilisateurs et des utilisatrices
j'ai envie de dire.
Aujourd'hui c'est de moins en moins vrai dans le sens où justement les deux entités
se sont pas mal mélangées notamment avec l'avènement des startups où on est clairement
là dans des produits qui sont très marketés mais qui ne pourraient pas marcher s'ils n'étaient
pas adressés à des cibles en particulier puisque souvent la startup va être justement
sur un produit de niche qui va s'adresser à des usages en particulier donc je pense
qu'elles ont fait la paix aujourd'hui malgré tout parfois c'est pour le meilleur et pour
le pire quoi donc ça reste quand même des pratiques, ça reste quand même un petit
débat de morale je pense et de valeurs personnelles de se dire où est-ce qu'on met le curseur
entre eux le fait d'apporter un usage qui est pertinent et qui est on va dire dénué
de toute notion financière à une personne et à quel point on va essayer de lui faire
en sorte qu'elle consomme plus un peu tous les jours quoi.
Un consommer un peu tous les jours, oui c'est là qu'on touche un gros problème.
Guillaume nous parle de dark pattern, des interfaces utilisateurs qui ont été conçues pour nous
inciter à faire certaines choses comme souscrire à des assurances hors des prix
ou à des abonnements récurrents, de plus les écrans à eux-mêmes modifient déjà
les cycles de la dopamine, leur monde de plaisir, de la satisfaction et donc de l'attention.
Mais il me semble qu'il y ait plus que des abonnements fradoleux et des effets des écrans
lumineux.
Si on prend l'exemple des réseaux sociaux, il y a quelque chose dans la façon dont ils
ont fait qui nous donne envie de continuer à les utiliser en permanence, pour faire défiler
Instagram, pour lire toutes les conversations sur Twitter.
S'agit-il de manipulation ? S'agit-il de rétention des utilisateurs ? Nous essayons
de creuser cette question avec Guillaume.
Effectivement oui, on ne va pas mentir à nos auditeurs et auditrices, effectivement tout
cela est très bien conçu, peut-être même un petit peu trop bien conçu et à force
de chercher comment mieux s'adapter aux usages des utilisateurs et des utilisatrices,
il y a forcément des gens qui se sont rendus compte, en tout cas qui ont tiré la conclusion
que tout ça, ça se passait dans notre cerveau et que la manière dont justement on vivait
nos expériences au quotidien se faisait à travers le prisme de nos expériences,
de nos biais et de la manière dont notre cerveau était récompensé.
Dans notre usage au quotidien, des choses que d'autres encore justement ont aussi
mis en place pour par exemple citer les casinos ou ce genre de choses, les jeux ou de manière
un peu plus bon enfant, oui le jeu est justement un exemple de construction qui est là pour
donner du plaisir à ceux qui le pratiquent et le récompenser et donc il y a toutes ces
mécaniques qui sont effectivement arrivées et qui sont aussi comprises dans ce qu'on
appelle l'UX design et qui aujourd'hui peuvent être manipulées par des gens qui
sont là pour en effet faire en sorte que les gens consomment de plus en plus.
Alors ça se voit beaucoup dans l'univers du jeu vidéo où on a ces dernières années
vu beaucoup de mécaniques justement très liées au jeu de hasard, très liées à l'adoption
et voire la rétention justement des utilisateurs sur certaines mécaniques qui les amenaient
à dépenser de petites sommes d'argent petit à petit tout ça, donc ça c'est des choses
qui depuis ont été légiférées et c'est normal que la société justement se prenne
en charge de la compréhension de ce genre de nouveaux usages et dise qui est ok ou pas
de faire et après il faut aussi dédramatiser dans le sens où certes tout ça est de plus
en plus lié à l'analyse de notre cerveau, de notre comportement, de comment on vit au
quotidien les choses mais en tout cas j'espère qu'elle est aussi traitée par tout un tas
de gens qui le font non pas pour nous manipuler à des fins négatives on va dire mais en
tout cas nous apporter quelque chose de plus intéressant, les réseaux sociaux ont
aussi ouvert la porte à plein plein de savoirs, d'échanges qui leur étaient compliqués
de faire autrement donc c'est compliqué c'est une question qui est complexe dans la finalité
tu vois de se demander si c'est négatif ou pas finalement mais en tout cas une chose
est sûre oui on est quelque part manipulé et oui les gens qui sont derrière nos réseaux
sociaux favoris nous connaissent très bien et connaissent très bien le fonctionnement
de notre cerveau. Les choses sont peut-être aussi plus nuancées que positives ou négatives.
Et ça me fait rebondir sur une question qui m'est assez personnelle parce que c'était
un petit peu l'objet de mon mémoire c'était est-ce que d'après toi ce que tu viens de dire
c'est pour ça que les réseaux sociaux entre eux ils ont tendance à se ressembler est-ce que c'est
pour ça qu'on a trouvé l'adoption des stories par tous aujourd'hui c'est tout le monde propose
sa version tiktok est-ce que demain ce sera autre chose est-ce que d'après toi c'est dans cet
objectif voilà de de rétention de l'utilisateur ? Il y a l'idée l'idée première de chaque réseau
sociaux qui les différencie qui les ont toujours différencié bon peut-être mis à part facebook
on va dire qu'est un petit peu le premier à proposer plein de choses un peu différentes
mais sinon quand on analyse un peu les choses on voit que chaque réseau social part d'une idée
forte très simple poster une image écrire un très court texte poster une très courte vidéo
vine le faisait bien avant tiktok après cette couche là qui différencie les différences les
différents réseaux sociaux on a effectivement la concurrence et le fait qu'aujourd'hui il y en a
qui prennent le pas sur d'autres aujourd'hui on est dans une certaine forme d'hégémonie de la
part de tiktok et des formats vidéo court format vidéo court qui est peut-être ce qui se fait de
mieux en termes de justement rétention et récompense d'usage puisque c'est très visuel donc on est tout
de suite capté par ces petites capsules très rapide avec très animé très dynamique et on passe
d'une capsule à l'autre d'une vidéo à l'autre et du coup clairement je pense que les statistiques
et le développement de ces plateformes ont montré que c'était des features des fonctionnalités qui
étaient intéressantes à développer et maintenant chacune essaye à sa manière de le faire plus
logique on va dire comme instagram aux plus étonnantes comme linkedin ou même ou même
spotify qui fait son récapitulatif annuel sous forme de story donc c'est il ya des formats comme
ça qui se sont un petit peu imposés mais au final je pense que c'est plutôt une question de
concurrence que les choses se ressemblent plus que d'uniformisation des usages enfin en tout cas
forcément que du coup le fait que les gens apprécient une fonctionnalité font qu'elle va
se retrouver sur d'autres réseaux sociaux parce qu'il faut rester compétitif et rester attractif
auprès de son audience quoi donc la concurrence crée l'influence mais si on va plus loin dans
cette logique si on part du principe que telle fonctionnalité ou éléments de design participent
à la réussite économique d'une plateforme est ce qu'on peut supposer que pour un concepteur
d'interface il est difficile de pas se faire influencer par les géants du marché c'est un
impact majeur clairement surtout quand il ya l'explosion d'une plateforme ultra populaire
dans l'univers de l'interface web il ya eu un site qui a complètement explosé ces dix dernières
années et qui a complètement infusé dans tout ce que les gens voulaient à la fois dans les agences
et à la fois chez les clients c'est airbnb quoi dans les usages et tout tout le monde voulait le
airbnb deux parce qu'ils avaient vraiment réussi à faire quelque chose qui à l'usage a réussi à
convaincre vachement de gens en fait et vachement de personnes on va dire du grand public donc nos
clients en particulier avait cette bonne expérience justement d'usage et venait avec cet exemple à
l'agence même si le sujet ne s'y prêtait pas du tout quoi parce que parce qu'un domaine complètement
différent ou parce que voilà quoi alors après il y avait des choses qui étaient intéressantes à
prendre chez airbnb mais ce qui était tout le l'intérêt d'airbnb et qui était en fait un point
technique et ça c'était très compliqué à expliquer c'est qu'en fait airbnb a toujours eu un moteur de
recherche qui était très pertinent et très bien fait et ça c'est un des trucs qui est le plus
compliqué à faire dans le développement d'un produit numérique d'avoir un bon moteur de
recherche on a l'impression que c'est assez accessoire comme ça quand on est en tant qu'usager mais
c'est vrai que ça peut vite devenir quelque chose de très frustrant à utiliser si c'est pas assez
bien fait donc oui il ya cet exemple là netflix aussi a vachement a vachement influencé la manière
de gérer ces espèces de pages d'accueil comme ça avec des mises en avant de sujets puis ensuite des
catégories avec des choses très visuelles très simple mais très visuelle ça ça a été vachement
aussi un impact donc il ya eu pas mal de sites comme ça et qui ont clairement fait évoluer la
manière dont les gens exprimaient leurs besoins dans l'univers des interfaces web et qui ont donc
pu à certains moments influencer ton travail fin j'imagine que si demain on demande de je sais pas
concevoir un site e-commerce tu devrais déjà avoir en tête quelques codes établis en tant
que concepteur de façon il faut toujours faire le le grand écart ou en tout cas le compromis
entre quelque chose qu'on aurait envie de faire de manière très différente ou même juste quelque
chose qui sera un petit peu issu de notre cerveau mais donc issu de tout ce qu'on aura prémâché dans
les mois les années avant qui est notre vécu notre expérience tout ça mais qui s'inspire pas
vraiment de manière très claire de quelque chose quoi et justement bah la référence à un usage
qui est reconnu parce que bah justement il est reconnu et donc il est apprécié il va et on sait
qu'il sera adopté et et donc c'est vrai qu'en tant que concepteur on fait un petit peu ce selon
le cas de figure évidemment mais on fait un peu cet écart entre justement bah quelque chose qui
doit parler aux gens parce que on a envie que ça soit adopté que ce soit utilisé et quelque chose
qui va être un peu plus original on va dire que ouais quelque part il faut pas réinventer la
roue il faut essayer de pas réinventer la roue après c'est un travail qui se fait aussi beaucoup
je tiens à préciser là avec les métiers du développement donc les développeurs back-end
et front-end qui se reconnaît trop parce que tout ça c'est des choses aussi techniques et en tant
que designer d'interface on se doit aussi de travailler en bonne intelligence avec les gens
qui vont fabriquer fabriquer nos designs quoi c'est comme si on on imaginait un mobilier sur
un matériau qui était ultra rare et qui du coup demain allait être compliqué à réaliser bon bah
il faut aussi que l'on soit dans une faisabilité et ça aussi c'est des enjeux pour une agence en
termes de coûts quoi ok donc dans la conception d'interface il y a des paradigmes des exemples
réussis et en fait nous retrouvons les mêmes caractéristiques dans des différents réseaux
sociaux on pourrait alors penser que pour créer une alternative à twitter par exemple il suffit
de faire les mêmes choix ergonomique mastodon est un exemple un réseau social décentralisé et sans
propriétaire qui s'est présente comme une alternative à l'oiseau bleu dans les domaines de
micro blogging alors pourquoi les alternatives comme dans ces cas mastodon ont-elles du mal à
avoir autant de succès bien sûr le sujet est vaste mais existe-t-il des éléments du x qui
nous aident à comprendre pourquoi nous préférons twitter à mastodon alors la duplication d'usage on
va dire dans un univers autre que les grands mastodontes de l'industrie ça existe c'est ce
qu'on appelle l'univers du logiciel libre c'est beau il ya beaucoup de gens qui évoluent du coup
sur ordinateur sur des configurations qui ressemblent à windows par exemple et mais qui
sont sur des choses qui sont paramétrables et qui sont donc ce qu'on appelle le logiciel libre et
ce qui revient en permanence par rapport à ça et ce qui est aussi le cas de de mastodonte par rapport
à twitter par exemple c'est que certes l'usage et final est le même c'est à dire par exemple pour
mastodonte bas écrire de courts messages dans un flux dans lequel on a d'autres personnes mais la
réalité en fait de l'usage n'est pas du tout la même c'est à dire que là où sur twitter on est
sur un seul écosystème technique où tout le monde est rassemblé dans la même plateforme quelque part
mastodonte fait le choix d'avoir plusieurs sous entité qu'il est un peu compliqué de faire
cohabiter entre elles ou en tout cas qu'il est un peu compliqué de compte dont il est un peu
compliqué de comprendre l'usage en tout cas le retour la flopée de retour qu'on a pu voir ces
dernières semaines sur l'usage de mastodonte fait quand même écho à une complexité de
compréhension de la manière de paramétrer les choses et je crois que c'est là que se situe la
différence majeure c'est certes l'usage est le même le but final est le même la promesse est du
coup la même donc ce qui fait que les gens peuvent être intéressés pour y aller mais par contre il
y a le mur technique qui fait qu'une bonne expérience utilisateur elle doit aussi être là
pour simplifier justement des étapes de paramétrage de compréhension technique comme je
disais tout à l'heure faire ce pont entre quelque chose de très complexe et quelque chose de l'usage
final quoi donc voilà dans tout ce guillaume nous dit il ya un problème pour moi nous ne voyons
pas tous ces mécanismes lorsque nous surfons sur internet ce n'est pas nécessairement une
mauvaise chose mais nous devrons au moins être conscients non je pense qu'il ya deux choses
c'est que le terme continue encore un peu de pas être toujours très bien compris je prends pour
exemple ma compagne qui elle UX researcher et à chaque fois c'est compliqué pour elle
d'expliquer son travail parce que ça a l'air à la fois très abstrait en même temps associé à
d'autres univers professionnels comme la psychologie qui sont pas dont on n'imagine pas qu'ils peuvent
avoir une place dans le dans le monde du numérique on va dire en tout cas je sais pas si ça va être
de plus en plus démocratisé en termes de compréhension mais ça devrait l'être va
falloir et il faut que on soit de plus en plus formé tout à chacun à ces notions là au fait
de comprendre comment sont fabriqués ces interfaces numériques comment elles interagissent avec nous
comment notre usage a justement forme et déforme la manière dont les professionnels aussi répondent
à travers des interfaces numériques parce que ça va pas s'arrêter comme ça et il va falloir
qu'on puisse être effectivement en mesure d'appréhender correctement tous les outils
numériques qui seront à notre disposition demain moi je trouve que ce serait hyper intéressant qu'à
l'école dès le collège on puisse avoir effectivement un enseignement aux pratiques numériques par
exemple ça serait hyper formateur et hyper éclairant je pense sur plein plein de choses
surtout aujourd'hui quand on voit que même si on n'est plus tout à fait dans le sujet mais je
trouve que c'est quand même un peu une conséquence de ça le harcèlement en ligne et les pratiques
toxiques se font de plus en plus ce jour au sein des communautés et au sein des gens qui sont très
très actifs sur justement les réseaux sociaux ou les plateformes de vidéos en direct donc oui je
pense qu'il faut que ça soit en tout cas de plus en plus compréhensible c'est aussi à tout à chacun
de d'essayer de je pense s'intéresser au sujet c'est un petit peu comme quand on va faire réparer
sa voiture si on n'y connaît rien bon il est probable que si on est face à quelqu'un qui soit
potentiellement pas toujours très honnête on nous rajoute un peu quelques trucs à la facture
alors que si on a quelques peut-être notions de mécanique on va réussir à avoir un dialogue
avec le professionnel et être un peu plus en compréhension des choses donc c'est aussi une
question de responsabilisation personnelle mais en tout cas il faut je pense effectivement et
personnellement j'ai déjà participé à des ateliers d'hygiène numérique où des experts expliquent le
fonctionnement d'internet la gestion des données personnelles la sensibilisation à la fraude et
même les logiciels libres mais j'avais jamais pensé qu'il était possible et autant important
de faire de l'éducation sous les interfaces et le même il ya deux il ya deux volets qui sont
hyper importants je trouve aujourd'hui par rapport à ça c'est d'un côté tout ce que tu viens
d'évoquer sur la culturation du grand public et des usagers au numérique aujourd'hui et de l'autre
côté sur les concepteurs le fait de continuer et de plus en plus reconnaître le fait que le numérique
s'adresse à tous et à toutes y compris au profil en situation de handicap parce qu'aujourd'hui
l'accessibilité même si elle est légiférée est encore quelque chose qui est trop souvent ignorée
par les concepteurs d'expérience et quand on parle d'expérience utilisateur en fait évidemment qu'il
faut aussi penser aux personnes en situation de handicap et l'éco conception qui devient aussi
un enjeu majeur on sait qu'un site mal conçu ou pas éco conçu est très gourmand en ressources
parfois pour des raisons pas pertinentes et demain si on veut continuer à avoir du numérique
pertinent dans notre vie il va falloir qu'ils soient éco conçus parce que parce que ben en
fait sinon il y aura plus de numérique puisque on sera je sais pas où mais bon ça sera pas notre
préoccupation majeure dirons nous donc je pense qu'il ya ces deux trucs là qui sont assez important
à avoir en tête dans les années à venir à mon avis un grand merci à guillaume jeuneste pour
avoir répondu à nos questions ux designer pour le studio user tales guillaume est aussi
podcaster et vous pourrez retrouver un lien dans la description de cet épisode vers micro ondes
cérébrales le podcast qui décryptent les biais cognitifs dans le numérique on vous rappelle que
cet épisode ainsi que la précédente saison d'azerty est disponible sur toutes les plateformes de
podcast et si ça vous a plu ou pas n'hésitez pas à nous laisser un avis on vous dit à bientôt pour
continuer à comprendre ensemble notre monde numérique j'aime bien venir ici parce que le
wifi va super vite il n'y a pas beaucoup d'endroits comme ça qui offre une connexion fibre avec une vitesse gigabit
==/ Sous-titres générés avec IA (Whisper), editing et proofing par Guglielmo Fernandez Garcia /==
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