Réalité virtuelle : communauté et identité, avec Chatmans
Télécharger MP3Sous-titres générés avec IA (Whisper), editing et proofing par Guglielmo Fernandez Garcia.
Il y a deux ans, Facebook changeait de nom pour Meta.
L'objectif derrière cette décision était de faire rentrer le groupe dans le fameux
web 2.0 porté par diverses technologies dont la réalité virtuelle.
Nous sommes maintenant en 2023 et aujourd'hui l'environnement virtuel de Meta, le fameux
Metaverse Horizon World, peine à ramener des utilisateurs.
Pourquoi ? Est-ce que Mark Zuckerberg a eu tort de miser sur cette technologie ? L'a-t-il
seulement comprise ? Aujourd'hui, dans Azerty, on s'intéresse à la réalité
virtuelle. On va chercher à comprendre ce que font les gens dans ces espaces
virtuels, l'influence sur leur identité et comment s'organisent les communautés
de ces lieux si particuliers. Pour ce faire, avec Guglielmo, nous avons eu l'occasion
de discuter avec Chatman, danseur et concepteur d'espaces virtuels, sur VRChat.
Alors VRChat, c'est quoi ? Eh bien c'est tout simplement un autre Metaverse.
Un Metaverse différent de celui de Facebook, mais notre invité les expliquera mieux
que moi.
Premier truc déjà à mentionner, parce que quand on dit la VR, la VR, les gens ils
font, c'est parti, on va me vendre des NFT, des trucs comme ça.
Et en fait, c'est loin, loin, loin de tout ça.
On est loin de Meta, on est loin de Facebook, on est loin de ce truc qui veut que
tu ailles sur une sorte de plateforme dystopique et bossé pour ton patron.
Moi, donc, du coup, je suis créateur sur VRChat, qui est une plateforme qui
n'est pas ouverte, on va pas se mentir, c'est pas un luciel ouvert, mais elle
offre une possibilité de création tellement gigantesque sur cette plateforme.
Plusieurs groupes se sont créés naturellement.
On a à peu près tout et n'importe quoi.
Donc, effectivement, comme on disait, les concerts et en plus d'arrière,
en dehors de ça, effectivement, il y a des groupes de danse,
des groupes qui vont essayer de faire apprendre aux gens des langues.
Parce que finalement, c'est un peu international et un peu vient avec ta passion.
Si tu as un peu d'esprit créatif, tu peux le créer puisque VRChat,
c'est une plateforme où le contenu est totalement créé par ses utilisateurs.
VRChat fournit une SDK (Software Development Kit).
Et si vous connaissez un peu Unity, faire du Blender, etc.
et que vous trouvez des gens qui veulent bien faire ça avec vous
parce qu'ils vous trouvent ça cool, allez-y, quoi,
parce que tout est à disposition.
J'imagine que tu as une première barrière, si je puis dire, à l'entrée,
qui est celle du matériel.
Donc, on a besoin de quoi pour entrer dans VRChat ?
Et bien d'un PC, même pas de la VR.
Comme le contenu est fait par les utilisateurs,
s'ils font du contenu qui n'est pas optimisé, le PC va cracher un peu.
Mais en général, comme c'est fait pour de la VR,
parce que la majorité des utilisateurs sont en VR quand même,
et bien, si vous avez un PC qui tourne à peu près n'importe quoi,
si vous jouez à du Counter Strike, etc, ça va tourner.
Il n'y a pas de souci.
Et vous pouvez y aller juste comme ça.
Et après, vous pouvez investir sur le matos qui coûte une blinde.
On ne va pas se mentir.
On peut aller de 400 euros pour un casque à pas de limite.
On ne va pas se mentir.
Il y a toujours des startups qui créent des nouveaux équipements
qui peuvent faire plaisir à certaines personnes.
Donc par leur temps, on ressentit la musique.
Effectivement, avec un casque, on sent moins la musique
que si on avait une veste haptique qui va littéralement
faire bouger ton tacache thoracique quand il y a la base qui tape.
Donc du coup, ça peut aller très très loin,
mais un casque en général, on va compter quand même 700 000 balles
pour le set-up entier.
Il faut un PC un peu de gamer avec une bonne carte graphique,
surtout pour VRChat.
Il faut commencer à mettre 2000 balles.
OK.
2000 balles, on commence à être large.
Et qu'est ce qui se passe la première fois
qu'on se connecte à VRChat alors ?
Qu'est ce qu'on y trouve ?
Eh bien, initialement, on ne trouve rien
parce qu'on ne connaît personne, évidemment,
et il faut connaître les gens pour savoir où les trucs se passent.
Et c'est ça un peu la grande crainte de beaucoup de gens.
Beaucoup de gens ont lancé peut-être le jeu une fois,
ont vu ce qui se passait et ont fait
« ouais, alors là, c'est le bordel, moi je n'ai pas envie »
et ne jamais revenir.
Mais en fait, derrière, il y a des grandes communautés.
C'est principalement via des Discord
ou même des sites web de création de festivals.
À partir de ces endroits-là,
vous pouvez trouver les bons liens
pour arriver directement dans des instances
qui sont initialement un peu fermées.
Donc du coup, il faut savoir trouver où.
Et en général, ce qu'on dit dans la communauté,
c'est qu'il faut trouver une personne
qui va vous prendre par la main
et va vous faire un peu découvrir ce qui est réellement
derrière ces mondes publics
qu'en général, personne ne veut être dedans.
Déjà ici, Chatman nous décrit
les contraires du metaverse des GAFAM.
Si Zuckerberg veut nous vendre une ville,
une police numérique où l'on peut s'connecter
à un 3D avec n'importe qui,
sous les gides des méta qui nous créent cette ville pour nous,
Chatman nous décrit un monde de villages,
de salles où on rentre un frappant,
un poliment à la porte.
Et je trouve intéressant qu'il fonctionne
plus que celui de Zuckerberg.
Mais voilà, finalement, pour créer tout cela
et le faire vivre, il faut du travail.
Voyons donc ce qu'il fait Chatman
et ce qu'il faut pour faire vivre ces communautés.
La communauté de laquelle je m'occupe principalement,
ça s'appelle VRDancing
et on est 25 staff.
On est un Discord aujourd'hui de 1 800 utilisateurs
avec environ 200 personnes par semaine
uniques qui viennent à nos événements.
On est quand même pas mal.
C'est 25, ça fait quand même beaucoup.
On représente aussi Slyfest
qui est un festival fin août en général.
Et ça, c'est sous l'idée d'une seule personne qui est Sly.
Et derrière, il y a une team de 10 captains
et une bonne quarantaine de gens
comme ça qui veulent aider.
Donc on peut aller du DJ.
On peut aller aussi du coup des gens qui font la promotion,
des gens qui vont construire des maps,
des gens qui vont créer des avatars.
Moi, je fais plus partie de la production.
Donc trailer, filmé
pour créer un peu un lore d'arrière
parce qu'il y a une petite envie de ça.
En fait, littéralement, sur VRChat,
si tu sais faire un truc, tu seras utile.
C'est un côté communautaire, je t'insiste beaucoup.
C'est intéressant.
Mais je trouve que dans le monde réel et dans le monde virtuel,
on a toujours un problème énorme
qui est l'auto-gestion et l'auto-organisation
ou sur Internet aussi sa déclinaison qui est la modération.
Du coup, comment ça marche la prise de décision chez vous ?
Sur des communautés par exemple de rave, etc.
on va avoir des gens qui sont des banceurs, vraiment.
Vraiment des gens qui vont être à l'entrée.
Pas qu'ils vont te dire tu ne passes pas ou tu ne passes pas
parce que en fonction de combien ton avatar est habillé,
sinon ça casserait un peu le truc.
Mais on va avoir des gens qui vont être là,
qui ont écouté les conversations,
qui vont t'assurer qu'il n'y a pas de trucs qui se disent
qui ne sont pas acceptables.
Et dans ce cas là, après comme une plateforme en ligne, etc.
il y a des techniques pour virer les gens d'une instance,
les kiquer, les bannes, etc.
La technique actuellement sur VRChat n'est pas super super.
Donc en général, c'est un peu auto-géré par les communautés.
Donc c'est des outils qui sont faits par les communautés
pour virer quelqu'un.
Parce que la plateforme n'a pas des outils suffisamment puissants aujourd'hui.
Un des buts de cette année pour VRChat,
c'est de mettre des systèmes de groupe où en fait
on peut bannir des gens de groupe
et avoir des instances uniquement pour se grouper, etc.
Donc pour gérer, c'est beaucoup plus simple.
Mais aujourd'hui, c'est un peu auto-géré
avec des outils qui sont faits par la communauté.
Donc on peut parler de trucs assez ingénieux,
mais genre un outil qui va faire cracher le jeu de quelqu'un.
Donc là, Chatman nous dit que la communauté
invente elle-même des dispositifs de modération
pour pallier au manque de moyens mis en place par VRChat.
À titre personnel, je trouve ça vraiment fascinant.
Mais qui dit communauté,
dit forcément décision à un moment ou un autre.
Cette question nous intéresse,
alors on demande à Chatman comment les décisions sont prises
au sein d'une communauté de réalité virtuelle.
Donc VRDancing, aujourd'hui, c'est tourné un peu en mode
chaque staff member et a la même valeur, voilà.
Et on a des mesures en fonction de ce que les gens pensent.
Alors évidemment, après, comme tous les âges, etc,
il y a des gens qui ont un profil plus de leader
que tout le monde les gens que vont suivre.
Et je pense que pour beaucoup de communautés sur VRChat,
c'est le cas aussi parce que c'est le créateur de la marque,
c'est le créateur de la map ou c'est le mec qui a initialisé le groupe.
C'est vraiment dépendant du moment même.
Il y a même des groupes qui en fait qui se sont dissous
et qui se sont recréés indépendamment par d'autres personnes.
C'est pas voilà, il n'y a pas de loi de constitution, etc.
C'est très chill.
Et alors en étant un vétéran de Mastodon
et en connaissant comment l'homme sapien se comporte sur Internet,
est-ce qu'il y a eu déjà des guerres entre communautés?
Ah bah bien sûr.
Tu nous caches des choses là.
Oh le drama sur VRChat, c'est tout un sujet.
Non, en fait, déjà ce que je dis souvent,
c'est que VRChat, c'est une plateforme quand même pour des introvertis,
quand même des gens qui ne veulent pas sortir de chez eux
pour aller rencontrer des gens.
Et voilà, du coup, ils mettent un casque
et du coup, il y a beaucoup, beaucoup d'introvertis,
des gens qui veulent s'améliorer sur leur façon de parler avec les autres.
Il y a des différences de langues aussi.
Et du coup, il y a beaucoup d'incompréhension de problèmes de communication
ou des gens qui vont juste s'imaginer des trucs.
Et quand on est dans un cercle où il y a beaucoup de gens
qui ne sont pas très aptes socialement,
oui, le drama va arriver assez souvent.
Il y a toujours du drama, mais ça, c'est un peu partout.
C'est le propre de l'homme.
En dehors de ça, moi, personnellement,
mon expérience personnelle, c'est que ça s'est toujours
généralement plutôt bien géré par amour de la plateforme.
J'avoue que quand j'ai rencontré les mondes des chatman,
l'idée qu'il y ait des gens qui passent tout la journée un VR
et qui passent leur temps à danser,
c'est exactement ce que j'imaginais
pouvaient être les métavers après avoir lu
Ready Player One d'Ernest Klein.
Dans les livres ou dans les films,
la technologie VR s'est diffusée dans un société un peu dystopique et nostalgique,
mais il reste que les casques VR dans ce monde
soient à la portée de tous et toutes.
Alors ça, c'est pas le cas pour les moments
d'une astre ligne temporelle.
Du coup, vu que les matériels est très cher,
je suis curieux de savoir qui,
quel profil des personnes on retrouve dans VRChat.
Il y a quand même pas mal de développeurs.
On va pas se mentir.
Il y a beaucoup de gens qui vont être,
on va dire, dans leur 25, 30 ans.
Si ils sont développeurs, en général,
ont un peu accès à l'argent pour pouvoir acheter ce genre de matos.
Mais on a énormément au final quand même d'étudiants
qui ont commencé sur PC tout simple
ou sur un laptop tout moisi qui lag à mort.
Et petit à petit, ils se rendent compte de la plateforme
et veulent investir lourdement dedans.
Donc ils vont garder leur argent pendant pas mal de temps
ou même peut-être des gens de la communauté vont leur acheter un casque.
Dépenser cet argent-là,
pour certaines personnes, c'est nécessaire.
Je dis pas que c'est pour tout le monde, évidemment,
parce que la VR, c'est pas pour tout le monde,
comme on a dit, la VR est très dystopique.
C'est pas pour tout le monde,
mais pour les gens qui trouvent cette plateforme
comme la plateforme parfaite pour eux,
à ce moment-là, ils vont mettre le sacrifice, j'ai envie de dire,
qui peut être quand même assez lourd,
parce qu'on peut parler carrément de ce qu'on appelle en anglais l'escapisme.
Essayer de fuir la réalité.
Les gens dedans ne voient pas ça comme un remplacement de la réalité.
Au contraire, les gens sur VRChat ont beaucoup tendance à vouloir se rencontrer.
Surtout que comme c'est une plateforme qui est sociale
où on peut traîner avec ses potes, etc.
C'est très rapide de vivre avec ses potes à travers le monde
en étant dans le VR non-stop.
Un aveu s'impose à ses stades.
Chatman nous a déjà montré à quoi ressemble le monde de la VR dont il parle.
Il faut donc imaginer qu'entrant dans ces communautés,
équipés de son casque,
on se retrouve d'abord dans un espace virtuel, certes,
mais en 3D, avec des objets, des mobles et des gens qui ont leur occupation.
Seulement leurs avatars, leur représentation numérique,
c'est-à-dire la manière dont ils se présentent dans ces mondes,
peuvent ne correspondre à aucune de leurs caractéristiques dans le monde physique.
Cela signifie qu'on est libre d'avoir pour les autres l'image qu'on veut.
Du coup, un monde de personnes introverties, impégiques,
très dans l'informatique, qui ont la liberté d'apparaître comme elles le souhaitent.
Et ce qui s'est passé, c'est que la plupart des avatars que nous avons vus
correspondent plutôt à une image féminine.
Or, l'informatique étant connue comme un domaine assez genré,
cela m'amène à me poser quelques questions
sur ce qui se passe de ce point de vue du genre.
J'ai envie de reprendre l'exemple en général des MMORPG.
Bon, sur World of Warcraft, pourquoi il y a autant d'utilisateurs avec des avatars féminins, etc.
Alors sur VRChat, on va pas se mentir, c'est quand même un bon 95%
de anime girls à droite à gauche, ou de Fury,
ou autre chose complètement ésotérique que personne ne pourrait imaginer
parce qu'il y a des créateurs qui sont comme ça.
C'est une plateforme où il n'y a pas de jugement, on va pas se mentir.
Les questions de genre sont un peu abattues.
Aux mêmes questions que les questions d'âge.
En fait, la personne en face de toi, t'as l'avatar, c'est le seul truc que tu vois.
T'as la voix, tu ne connaîtras jamais l'âge vraiment, sauf si la personne te dit.
C'est très difficile à déterminer.
Donc en fait, sans me rendre compte, je me suis fait des potes avec des gens qui ont 45, 50 ans, quoi.
Mais en fait, en général, juste, t'as un peu cette déconstruction
en fait du genre par rapport à la voix dans VRChat,
simplement parce que l'avatar est beaucoup plus expressif pour une personne.
Ce que je comprends dans ce que nous dit Chatman,
c'est que le fait d'avoir un avatar d'anime girls, comme il le dit,
c'est pas vraiment anecdotique.
C'est carrément un code social propre à cet environnement virtuel.
Et dans une immersion aussi importante que permet la VR.
Est ce que l'avatar influe sur le comportement de l'utilisateur en plein jeu?
Oui, énormément.
Alors, il y a une étude qui s'est fait à Rennes,
qui est sur le changement de comportement par rapport à la perception de son corps
et appliqué à la VR.
Alors, je ne suis pas du tout dedans.
Je n'ai pas fait partie de ce groupe, etc.,
mais j'ai entendu parler et il y a eu pas mal d'études, en fait, dans le secteur.
Et moi, mon expérience personnelle, de toute façon, on le voit,
c'est que oui, tout à fait, en se percevant plus féminin,
on va faire plus des mouvements qui sont stéréotypés du genre affiché.
C'est assez standard, mais on s'est difficile à imaginer.
Mais avoir un gars qui fait qui va à la gym et qui se dississe.
Donc, si c'était haut, il n'y a pas tout ça qui va à la gym,
qui est super buff et qui va mettre un casque et qui va être en une lolie
de, je ne sais pas, de 50 centimètres de haut,
qui va faire des petits, des petits, des petites têtes
en se penchant la tête, en parlant peut-être un peu différemment.
C'est quelque chose qu'il faut imaginer avec le temps, en fait.
Plus on va s'identifier à son avatar, plus, en fait,
on va mélanger un peu le réel du virtuel,
puisqu'au final, les gens te connaissent sous cet avatar,
si c'est son avatar principal.
Et du coup, en fait, ne serait-ce que le body language
va un peu merger entre les deux.
Est-ce que tu as ressenti l'effet aussi inverse
du monde virtuel ? Est-ce que certains comportements ont découlé
dans les mondes réels ?
Oui, et de toute façon, quand je disais tout à l'heure,
donc personne qui se présente comme masculin,
il y a beaucoup aussi quand même de FTM, donc female to male.
On fait aussi un peu la blague sur We are chat en général,
quand tu vois une anime girl, tu sais que c'est un mec.
Et quand tu vois un avatar de mec
avec des gros abdos, c'est une meuf.
Et en fait, la meuf en question, elle peut être complètement cis,
mais elle va être quand même, genre involontairement, peut-être,
ou juste par stéréotype, faire du man-spreading
comme tu pourrais imaginer.
C'est dans les deux sens.
Ok, j'ai compris toutes ces relations avec les avatars,
mais du coup, la question pour moi, du coup, naturellement,
t'as combien d'avatars ?
Moi, j'en ai un.
Est-ce qu'il y a des gens qui ont plusieurs avatars ?
Oui, il y a plein de gens qui vont toujours changer.
Est-ce que leur personnalité change en fonction de l'avatar
qu'ils choisissent d'incarner ?
Et c'est ça le plus drôle ?
Oui, mais non.
En fait, avec la technique, la VR en général,
on voit ça comme le casque et tout,
et les mouvements, c'est pas ouf, on voit pas vraiment.
Sur We are chat, il y a ce qu'on appelle le full body,
qui en fait, on ajoute des trackers sur soi.
C'est un peu comme de la mocap.
Et du coup, ça permet de tracker absolument tous les mouvements.
Et ne serait-ce que ça, juste ça ajouté,
ça permet d'identifier quelqu'un par ses façons d'être présents dans l'espace,
juste les petites mimiques physiques qui permettent de retrouver quelqu'un.
Donc moi, j'ai des gens où ils ont un avatar depuis tout le temps, comme moi.
Et c'est facile de le reconnaître parce que c'est l'avatar.
Mais ces gens qui changent de l'avatar tout le temps, en général,
ce que tu vas observer, c'est qu'ils vont garder une même gamme d'avatar.
Anime girls ou furry, etc.
Ils vont avoir une color palette assez spécifique à eux-mêmes.
Moi, j'ai en mémoire, par exemple,
un de mes potes qui a toujours les cheveux rouges
ou des reflets rouges dans ses cheveux.
Leur changement de comportement,
quand ils traversent pas mal d'avatars comme ça,
au final, ça reste les mêmes.
Et ça reste, je dirais, peut-être moins genrel
qu'une personne qui va rester toujours sur le même avatar
et qui va être complètement immersé dans cet avatar à 100%.
La question de l'avatar et de la transformation presque qui l'opère
nous intéresse.
Avec Gu, on s'est demandé s'il n'y avait pas un côté désinhibant
à incarner un personnage radicalement différent de soi.
Mais c'est ça, c'est qu'en fait, les gens...
On n'a pas attendu les jeux vidéo ou les mêmes RPG
pour se rendre compte que les gens, ils aiment bien se déguiser.
C'est con, mais en fait, se mettre dans la peau de quelqu'un d'autre,
c'est euphorique de toute façon.
Et c'est une façon de le faire, mais encore plus loin.
Donc c'est un peu carnaval, peut-être, pour certaines personnes.
Pour certaines personnes, c'est plus une raison interne
qui peut être un peu plus lourde.
Mais dans tous les cas, en fait,
il n'y a pas vraiment de jugement entre pourquoi.
Et du coup, ça marche plutôt bien.
Mais la question me vient aussi naturelle.
On a parlé des inhibitions déjà.
Est-ce que toi, tu dansais avant ou pas ?
Non, jamais de la vie, mais vraiment, jamais de la vie.
Moi, faire du sport, mais n'importe quoi.
Non, en fait, je suis vraiment un Dev pur-pure,
le gros geek qui sort pas de chez lui et qui joue aux jeux vidéo.
Je ne fais pas de sport, je n'ai jamais aimé ça.
Et en fait, la raison, c'est l'avatar.
Encore une fois, on en revient là.
Il y a une sorte d'euphorie à ce niveau-là.
Et en fait, très rapidement, moi, j'ai une personnalité addictive.
Et du coup, j'ai très rapidement tourné addictivement à ça.
Alors aujourd'hui, danser, in real life, high roll, tout ça, tout ça.
Oui, je le fais plus parce que le tracking a des limitations, évidemment.
Mais moi, aller dans une rave party, dans une cave un peu bizarre, etc.
Pour aller danser, non, ce n'est pas quelque chose trop pour moi.
Maintenant, j'ai plus une abétance pour le faire, peut-être.
Je n'ai pas eu la possibilité aujourd'hui.
Et j'ai aussi un peu cette question de club de danse.
Pourquoi pas pour apprendre un peu plus, mais réellement dans le monde réel.
Pour l'instant, je n'ai pas fait le pas.
Il y a beaucoup de gens qui l'ont fait.
C'est une façon de découvrir.
Mais c'est vraiment la VR qui a amené cette passion, on va dire,
qui est un peu inattendue pour une personne qui ne veut pas faire de sport.
Bon, je dois avouer qu'avant cette émission,
je n'étais pas le plus convaincu par la réalité virtuelle.
Mais quand on entend Chatman nous raconter son expérience immersive
et sociale au sein des communautés,
je me demande pourquoi la VR n'a pas encore envahi le quotidien du plus grand nombre.
Puis je repense à ce que je connaissais des espaces virtuels
immersifs avant cette interview et je repense évidemment au metaverse de méta.
Franchement, ça ne me donne pas envie.
Peut-être avez-vous vu passer ces salles de réunions virtuelles
dans lesquelles Mark Zuckerberg nous imagine travailler.
Je peux citer aussi Walmart qui voulait nous faire consommer
dans un supermarché dématérialisé.
Bref, des exemples d'appropriation du méta vert par les grandes entreprises,
il y en a plein et ça a dû se voir.
Alors ma question est biaisée peut-être,
mais je demande quand même à Chatman si pour lui,
ces entreprises n'ont pas un peu dégoûté les gens du méta vert.
Oui, ça a dégoûté parce qu'on sait très bien, tout le monde voit très bien ce que c'est.
On a tous bouffé suffisamment de science fiction
pour savoir que c'est le truc le plus dystopique possible.
Alors je l'ai dit moi-même, il y a des trucs, il faut faire attention.
Parce que comme tout, on peut très vite addict, etc.
Mais ce qu'essaye de nous vendre des grandes corporates, etc.,
des social platforms très corpaux,
ça on l'a eu dans le passé et se sont tout écroulés.
Le méta vert de méta, les premiers visuels qu'on a vus,
c'était autour d'espèces de visio modernes,
mais en réalité, déjà qu'une visio, pas grand monde aime ça,
donc avec un casque de réalité virtuelle.
Et après ils se sont dit, bon, alors il faut quand même attirer les gens.
On va faire des concerts.
Mais le problème, c'est qu'en fait, déjà leur plateforme,
elle est complètement lifeless, on n'a pas de jambes.
Alors que Vert Chat le fait depuis des années.
Il y a un nouveau truc sur méta vert, c'est que VRChat le fait mieux.
Et en plus, je peux être une cute anime girl, donc c'est mieux.
Les gens, encore une fois, ne sont pas dupes.
Et ces concerts, il y a peut-être des gens qui sont allés un petit peu.
Mais par force de curiosité, pas pour y rester.
Je ne pense pas qu'il y ait des gens qui soient allés sur le méta,
qui se sont fait vraiment des potes.
Alors que sur VRChat, tu vas sur VRChat,
tu te fais des potes et tu restes pour ça.
Et du coup, dans ton discours, il y a un chose qui me frappe.
J'ai un peu l'impression que les bons méta vers,
c'est-à-dire les méta vers qui n'est pas vide, qui n'est pas mort,
qui n'est pas descendant et qui ne dépend pas des marks Zuckerberg,
à vocation presque à être minoritaires ou très communautaires.
Je pense tout simplement qu'en fait, les grands méta vers,
que les grandes entreprises vont nous faire boire,
personne ne va les prendre, sauf si on est forcé.
En dehors de ça, sauf si il y a vraiment une utilité ultime publique.
Mais bon, je ne pense pas que les gens voient une grande, grande utilité
de mettre littéralement un...
Parce qu'on prend cet exemple-là,
c'est de mettre un micro-ondes sur ta tête juste pour aller bosser.
Pour mettre un casque VR, il faut quand même une certaine détermination.
Ce n'est pas confortable, ce n'est pas les plus grandes résolutions possibles.
Ça crache, ça casse.
Ce n'est pas non plus le truc le plus durable.
Ça marche très, très bien.
Mais il y a trop d'inconvénients pour que les gens
vraiment aient envie de l'utiliser pour leur boss.
Et du coup, je pense même que les gens,
s'ils étaient forcés à utiliser ça, ils feraient un peu genre...
Je pense qu'il y aurait une sorte de rébellion envers ce type de monde,
alors que le monde que je représente actuellement,
c'est plus purement communautaire.
Et en fait, ce que ça t'offre, c'est plus une alternative
à sortir dehors sur ton temps perso,
un week-end pour aller faire une sortie avec tes potes, etc.
Sauf que cette fois-ci, c'est la même chose,
mais avec des potes qui sont dans le monde entier.
Merci au créateur et danseur VR, Chatman,
pour avoir répondu à nos questions.
Pour plus d'informations sur sa communauté de danse,
on vous renvoie vers le site vrdancing.info.
Cet épisode d'Azerti signe déjà la fin de cette deuxième saison.
On espère que nos épisodes vous ont plu.
Nous, on a pris beaucoup de plaisir à les faire.
Vous pourrez retrouver cette émission, ainsi que les précédentes,
sur toutes vos applications de podcast.
Sur ce, merci d'avoir écouté.
C'était Azerti et on vous dit à bientôt sur Silab et en podcast
pour de nouvelles aventures numériques.
J'aime bien venir ici parce que le wifi va super vite. Il n'y a pas beaucoup d'endroits comme ça
qui offrent une connexion fibre avec une vitesse gigabit.
Sous-titres générés avec IA (Whisper), editing et proofing par Guglielmo Fernandez Garcia.
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