Action culturelle et numérique, la médiation par l'art, avec Electroni-k
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On pourrait se dire qu'avec l'omniprésence du numérique dans notre quotidien, quelque
part, on serait un peu tous experts, ou du moins, on serait à peu près tous à l'aise
naturellement avec les outils technologiques.
Pourtant, ce n'est pas le cas, et ça, même pour les plus jeunes, pour qui, il serait
facile de penser qu'ils connaissent puisqu'ils sont nés avec.
En effet, d'après l'INSEE, en 2023, 15,4% de la population serait en situation
d'électronisme, c'est-à-dire en grande difficulté avec le numérique.
Une fois qu'on a fait ce constat, qu'est-ce qu'on peut faire ? Comment réconcilier
les personnes pour qui le numérique est avant tout quelque chose qui isole ?
C'est un peu comme ça que Guglielmo et moi, on a commencé à réfléchir à cet épisode.
Au début, on souhaitait surtout parler d'éducation numérique, puis on a repensé
à ce que nous avait dit Benjamin Le Baron dans la première émission de la saison
dédiée à l'art et le numérique.
Pour lui, le numérique est quelque chose qui lui permet de s'exprimer, d'étendre
ses capacités de création.
Serait-ce alors la meilleure des approches pour appréhender le numérique ?
Aujourd'hui, c'est la grande question qu'on se pose dans Azerty.
Pour y répondre, nous avons le plaisir de recevoir Manon Decharles, responsable de
l'action culturelle à Electroni-k, une association qui promeut les arts hybrides
et les cultures numériques.
Avec elle, on discute des actions culturelles et numériques de l'association, on
s'intéresse aux ateliers proposés, mais aussi au public touché par ce genre
de structure.
Pour moi, le terme de médiation est quelque chose de plutôt flou.
J'associe cette notion un peu par défaut à l'éducation, à la pédagogie.
Alors, pour qu'on se comprenne bien, dès le début, sur l'idée centrale de
cette émission, on demande à Manon ce qu'elle entend par médiation, mais
surtout par médiation culturelle et numérique.
Sur la médiation numérique, nous, on va faire en sorte de créer des temps
pour que les personnes puissent participer, puissent pratiquer et être en
situation de capacité face à l'outil numérique.
Nous, cet outil numérique, il va nous servir surtout à réaliser des créations.
Alors, on ne parle pas vraiment d'éducation, enfin, en tout cas, dans notre
travail pour nous, le terme éducation, il y a quelque chose, je pense, qui est
plus dans la transmission de savoir, de connaissances.
Là, nous, on est plus par l'expérimentation, où on va se
confronter à différents usages du numérique.
L'autre mot aussi, numérique, pour moi, est un terme très large et
du coup, ça va de smartphone, à l'imprimante, jusqu'à Internet et aux
cultures numériques.
Du coup, quels sont les points centrales sur lesquels vous vous
concentrez ? Nous, le terme numérique, il va rejoindre vraiment les
esthétiques artistiques qu'on va mettre en avant.
Donc, c'est vrai qu'on va pouvoir travailler aussi bien sur de l'image,
de l'image animée, du son, de la création sonore, mais aussi des
musiques électroniques.
On va aussi passer par des techniques comme la réalité augmentée,
par exemple.
Donc, on va vraiment être sur un champ assez large du numérique.
On ne fait pas tout du tout, mais on essaie de voir une certaine
diversité. On peut aussi aborder la question du mapping vidéo,
par exemple.
Voilà, après, sur ça, on a quand même un champ d'action.
On est vraiment sur de la médiation numérique à proprement
parler. On travaille avec des personnes seniors dans l'usage et
l'utilisation de la tablette numérique.
Donc, on est vraiment sur cette utilisation-là, même si on
essaie de passer un petit peu à côté, on ne va pas accompagner
ces personnes-là dans leurs démarches administratives ou les
choses de ce type. On va plutôt détourner en disant que l'objectif
de l'atelier, par exemple, c'est créer une carte postale animée.
Et en créant cette carte postale animée, on va devoir se faire une
adresse mail, après, on va écrire un mail, etc.
Nous, on se posait la question pourquoi la médiation numérique,
ça a du sens pour vous, malgré l'adoption d'outils numériques
par une majorité de personnes.
Vous l'avez dit en introduction, mais le numérique, il est omniprésent
et on a cette sensation-là.
Après, ça dépend quel outil et quel usage aussi du numérique.
On le voit souvent, c'est vrai que les plus jeunes générations
sont complètement baignées dans les usages du numérique et rien
qu'utiliser un ordinateur avec des collégiens, par exemple.
On rencontre pas mal de difficultés.
Écrire un mail, tout simplement, ça, c'est quelque chose
qui est moins habituel pour eux.
Après, dans ces ateliers-là, on apprend aussi beaucoup
des nouveaux usages, c'est vrai qu'on n'a pas non plus.
Voilà, ça nous arrive aussi même qu'on travaille avec des artistes
qui apprennent des usages des participants.
On avait eu notamment une exposition, un montage d'expo
avec un artiste qui s'appelle Felix Blum, qui, à la fin de son montage
d'expo, s'était créé un compte TikTok pour communiquer
avec les étudiants avec qui il avait monté cet expo.
Donc, on est aussi dans cet échange-là que chacun a ses propres usages
du numérique et c'est comment on peut les partager et se les approprier.
OK, Manon nous livre sa définition des ateliers d'action culturelle
et nous donne même un exemple de ce que propose l'association.
Forcément, on a tout de suite eu envie d'entrer
dans le vif du sujet et d'en savoir plus.
Alors, on lui a demandé quel type d'ateliers
retrouve-t-on à Electronica et, surtout, comment les médiateurs
et médiatrices travaillent et imaginent ces ateliers.
Alors, on va proposer différents types d'ateliers.
Ces ateliers, en fait, on les conçoit quand on communique sur ça
pour que les structures puissent travailler avec nous.
C'est surtout des techniques qu'on va mettre en avant,
mais ils sont construits à chaque fois avec les structures partenaires.
Je pense, par exemple, on va proposer des ateliers
d'initiation à la création sonore.
Sur ça, l'atelier, il s'est déroulé, on l'a pensé.
Mais en fait, on va à chaque fois
reconstruire avec les structures qui nous contactent.
Par exemple, il y a une bibliothèque
qui peut nous contacter pour créer un atelier de création sonore.
Et en fait, le but du jeu, c'est de créer la musique
du répondeur de la bibliothèque.
Donc, c'est comme ça qu'on va concevoir l'atelier après.
Donc, on refixe bien ensemble les objectifs,
ce qu'ils souhaitent aborder dans cet atelier là.
Pourquoi aussi, on en est venu à parler ensemble de cet atelier.
Peut être que la structure, elle a des envies comme ça,
juste parce qu'elle trouve ça intéressant.
Mais peut être que derrière, il y a d'autres objectifs
qu'elle a envie de travailler parce qu'elle a repéré
justement des choses, des besoins en termes de médiation numérique.
Nous, au sein d'Electronica, on intervient parfois en atelier.
Ça, c'est une partie de notre activité.
Donc, on a des médiateurs, médiatrices qui vont intervenir
et mener les ateliers.
Mais aussi, on fait appel à des artistes qui vont travailler
autour de leur champ artistique et on va aborder cette technique là.
Donc, par exemple, on parlait du mapping tout à l'heure.
On a des ateliers mapping vidéo.
On peut faire une petite initiation ou un cycle autour du mapping vidéo.
Mais on a aussi des artistes.
Par exemple, on était il y a quelques années
dans un collège où on a créé une installation
de mapping vidéo qu'on a exposé à la bibliothèque pendant un mois
avec un collectif d'artistes qui s'appelle Elo.
Donc, voilà, on a ces deux modes d'intervention.
Il y a différents types d'ateliers.
Nous, c'est plus en termes de pour communiquer,
pour qu'on soit plus compréhensible.
On les classe dans des grandes catégories.
Donc, on parle de nouvelles lectures, de nouvelles images,
de création sonore, de codes et jeux vidéo.
Voilà, il y a différentes choses.
Par exemple, on peut faire des ateliers
autour de la réalité augmentée, d'autres autour de l'intelligence artificielle,
d'autres autour de la, on peut créer des petits objets sonores,
des petits objets connectés avec des cartes qu'on vient programmer.
Tout simplement, comment n'est l'idée d'un atelier ?
L'idée de l'atelier, elle vient souvent des artistes qu'on va accompagner
donc qui utilisent telle ou telle technologie.
On se dit que ce serait chouette de pouvoir nous-mêmes proposer
un atelier autour de cette technique-là pour pouvoir aborder la médiation.
De ce qui se passe autour de nous, c'est aussi ça, c'est beaucoup de veilles.
Et on regarde l'intelligence artificielle, par exemple, quand on l'a créée.
Donc, ça fait plusieurs années déjà qu'on y réfléchit.
Et quand on a commencé à lancer, ça nous semblait,
c'était en fin d'année 2022, mais ça nous semblait
incontournable de pouvoir l'aborder, puisque on se dit qu'on ne pouvait pas
arriver dans des établissements scolaires sans nous-mêmes être un peu
informés sur la question, puisque c'est quand même quelque chose
qui traverse pas mal de champs aujourd'hui.
Et après, ça va être aussi, oui, des envies personnelles,
parfois des médiateurs, médiatrices qui ont eux-mêmes leur parcours
et qui se disent que ça peut être intéressant d'aborder telle ou telle chose.
Et puis des artistes qui vont avoir envie de proposer des ateliers.
Et sur l'IA, est-ce qu'ils vont remarquer une certaine crainte des gens
et du public par rapport à l'IA ou ça passe plutôt bien ?
Comment ça se passe ?
C'est vrai qu'on remarque une certaine crainte aussi parfois
d'artistes avec qui on peut travailler sur ces techniques là,
puisqu'ils se posent la question de est-ce que ça va pas remplacer
le travail des graphistes, par exemple, ou même en musique.
On pourrait imaginer quelque chose de ce type.
On remarque aussi que c'est pas forcément un atelier
qui va nous être demandé directement.
Souvent, ça nous arrive, par exemple, qu'une structure nous contacte.
Là, par exemple, on a un réseau de bibliothèques qui nous a contacté
parce qu'elle voulait faire un cycle d'ateliers autour du sport,
mais elle voyait pas comment on pouvait l'associer aux arts hybrides.
Donc, on a imaginé un petit atelier où on crée des nouveaux sports
à partir des intelligences artificielles.
Donc, on crée des règles du jeu, on crée un visuel aussi autour de ce sport.
Et là, elles ont été convaincues,
mais d'elles-mêmes, elles ne seraient pas venues vers l'intelligence artificielle.
Et c'est vrai que quand on mène ce type d'ateliers,
je pense en ce moment, on est dans une semaine.
Là, on part faire une semaine d'ateliers au Château de Versailles
pour faire découvrir ce que sont les arts hybrides à différents types de public.
On a des cycles de cinq ateliers et dont l'intelligence artificielle
est souvent dans les structures qu'on accueille sur ces types d'ateliers.
On a quand même des réticences des personnes qui accompagnent les élèves,
par exemple, qui ne sont pas forcément convaincus,
qui se posent beaucoup de questions.
Et en en discutant avec eux, nous, on ne l'aborde pas non plus comme quelque chose.
On ne va pas, ce n'est pas notre rôle de venir pour dire ça, c'est bien, ça, c'est mal.
On est plus là pour exposer ce qui se fait, pour le tester,
pour le détourner, pour l'aborder d'un point de vue artistique
et puis se poser les questions.
Par contre, on a déjà abordé un sujet qui m'intéressait,
c'est quelle aile publique vers lesquelles vous vous rapprochez
pour faire de la médiation numérique ou de médiation à travers l'art et les numériques ?
En action culturelle, les structures avec qui on va pouvoir travailler,
elles sont très variées.
Comme je le disais, on n'a pas forcément de lieu.
Donc on va toujours passer par des structures aussi heureux
et qui vont porter le projet avec nous,
puisqu'on ne va pas faire d'appel tout public sur nos ateliers.
On n'organise pas des ateliers pour faire venir des gens par exemple.
Mais en gros, les structures avec qui on va travailler en action culturelle,
elles sont assez variées.
On travaille aussi bien avec le secteur éducatif,
donc beaucoup les écoles, de la maternelle au lycée,
on sait qu'on a un gros travail en ce sens.
On travaille aussi pas mal avec des partenaires du champ social,
que ce soit en centre social,
différents types de structures,
avec le secteur plus judiciaire parfois, du secteur du médico-social.
On a aussi des partenariats beaucoup avec des structures
qui vont accompagner les personnes plus âgées, les seniors.
Est-ce que j'en oublie ?
On travaille beaucoup, on a un gros plan d'activité aussi
avec les professionnels de la lecture publique.
On travaille beaucoup en bibliothèque.
Ça a été vraiment une demande à un moment donné de ces professionnels-là
puisque les médias qu'elles utilisent sont changés.
Donc on a eu pas mal de sollicitations en ce sens.
Et après, on va travailler aussi sur des projets un peu plus conséquents,
enfin un peu plus longs,
sur des projets qu'on appelle nous de résidences.
Et là, on va être à l'échelle d'un territoire
et on va travailler avec ces multitudes de structures aussi,
des structures très variées
où on va essayer de créer vraiment avec les collectivités territoriales
un projet aussi sur le territoire.
Donc là, on comprend avec les explications de Manon
que les ateliers d'action culturelle que propose Electroni-k
touchent des publics divers et variés.
Mais alors, hormis la structure partenaire d'un atelier,
qu'est-ce qui motive le choix d'une activité plutôt qu'une autre ?
Je me pose la question parce que le numérique,
ça recouvre beaucoup de réalité
et nous ne sommes pas tous égaux face à ces outils.
Peut-être que l'appétence d'un groupe
ou la difficulté d'un autre à comprendre, à maîtriser
ou même à utiliser certains objets
a une influence sur le choix des activités d'un atelier.
Alors, est-ce que certains ateliers
sont préférés pour certains publics plutôt que d'autres ?
C'est vrai qu'avec le numérique,
avec ce qu'on peut mettre en avant,
il y a des choses qu'il faut faire attention aussi.
Je pense notamment à la question de la réalité augmentée.
On est à la fois dans une sphère réelle
et à la fois dans une sphère un peu imaginaire,
encore plus avec la réalité virtuelle.
Et il y a des personnes qui sont très sensibles, par exemple,
à ce type de choses.
Je pense à des personnes qui peuvent, par exemple,
souffrir de troubles bolaires
ou qui vont avoir besoin d'avoir un repère.
Et comme on travaille avec pas mal de groupes aussi
côté médico-social,
il y a certains outils qu'on ne peut pas utiliser avec tout le monde.
Et donc, on a cette attention-là.
Sur le festival, on a beaucoup de choses aussi.
Déjà, on est plongé dans le noir très souvent sur le festival.
Maintenant, je ne sais pas si vous avez déjà l'occasion d'y aller,
mais voilà, on est beaucoup dans un univers sombre.
On a des flashes mineuses beaucoup.
On a des choses qui sont assez prenantes.
Ce qui fait aussi la particularité de la médiation
avec ces installations-là,
c'est que souvent, on doit engager son corps
pour faire activer une installation.
La réalité augmentée, c'en est une.
Il faut soi-même participer.
On avait des installations il y a des années
où on devait rentrer dans une structure gonflable
qui nous oppressait.
Donc, il y a quelque chose qui est assez prenant
et on ne peut pas aborder ces installations
avec tout le type de public
ou du moins pas les aborder de manière à y prendre part.
Donc ça, c'est beaucoup de travail en amont
avec les personnes qui accompagnent les publics
qui sont avec elles au quotidien
et qui les connaissent très bien
pour décrire aussi ce qui va se passer
de l'expérience que ça peut produire
et être vigilant à ça.
Effectivement, dans les choses que vous nous racontez,
c'est pas facile d'être médiateur ou médiatrice
sur ces sujets-là
parce qu'en même temps, vous êtes expert et experte
sur les côtés de l'art
et de l'autre côté, sur tous ces franges numériques
qui est grand.
Je ne savais pas comment vous travaillez
ou comment font les médiateurs et les médiatrices
à s'en nourrir
et à avoir toutes les idées
que vous nous dites.
Alors, les médiateurs et les médiatrices
avec qui on travaille,
c'est vrai que, déjà, sur Rennes,
on a la chance d'avoir quand même pas mal de formation
sur les métiers de la création numérique,
notamment à Villejean.
Donc on en a pas mal qui sont issus de ces filières-là.
On détourne pas mal de choses, en fait.
La plupart, en tout cas, parmi mes collègues,
on vient plus du champ
de la médiation artistique et culturelle
et on va détourner pas mal de choses.
Donc on n'est pas expert dans tout ce qu'on va proposer.
L'idée, c'est justement de pouvoir avoir cette approche
un peu différente autour de la technique
qu'on va proposer.
Donc, par exemple, quand on fait des ateliers
de musique électronique en fonction de la personne
qui va le mener,
on va pas du tout avoir la même démarche.
Donc je sais qu'il y a un collègue
où on va être vraiment sur la création de boucles
et on va travailler tout ça, le vocabulaire,
autour de ça.
J'ai une autre collègue qui va plutôt proposer
ce qu'on appelle du midi-art
où on va faire des dessins sur nos logiciels de MAO
et ensuite on va faire une composition sonore.
Donc les deux approches sont complètement différentes
mais apportent aussi, quand même,
chacune sa spécificité.
Une chose hyper rapide,
vous avez utilisé plusieurs fois,
tu as utilisé le mot détournement.
C'est marrant et plus que tu le dis,
plus que je me dis,
vous êtes vraiment un esprit hacking au final
envers le numérique.
Vraiment dédire,
on n'est pas forcément la king dans l'essence,
on n'est pas forcément expert de l'outil,
mais on va trouver les moyens de le détourner,
de l'utiliser comme nous on veut.
C'est un peu ça votre esprit du coup ?
Oui, c'est vrai, un peu,
même si nous ne l'appellent pas comme ça.
C'est vrai qu'on va des médiations
autour de l'univers Maker par exemple,
mais nous on ne se considère pas
comme dans l'univers Maker à proprement parler.
On a fait un entretien aussi
avec le Fab Lab qui est juste à côté sur le campus
et on sent une culture assez similaire.
Pour autant, t'as l'air de dire que vous ne vous inscrivez pas.
En tout cas, ce n'est pas une volonté de vous inscrire
dans cette culture Maker.
Pourtant, quand on voit vos ateliers,
j'ai l'impression qu'on y est très proche.
On y est proche, mais c'est vrai que...
Si, si, on ne sait pas qu'on n'a pas de volonté
de s'inscrire dans ce domaine-là,
mais c'est vrai que je pense qu'on vient tellement
de cette médiation artistique et culturelle
que du coup, on y progresse vers,
mais on n'a pas l'impression que ce soit
à l'origine en tout cas de notre projet.
Il y a une chose dont on n'a pas trop parlé
depuis qu'on discute des ateliers d'Electroni-k,
c'est la place des écrans.
À première vue, c'est difficile de dissocier
activités numériques et écrans.
Pour autant, quand Guglielmo et moi
on s'est intéressé à l'association,
certains ateliers ont retenu notre attention.
On peut parler par exemple de Decode,
l'atelier qui vous apprend les principes du code
avec des objets en bois,
ou encore Badge Eclair,
un atelier d'initiation à la fabrication numérique.
Alors, on s'est demandé d'où vient
cette particularité des ateliers numériques sans écrans.
La médiation pour nous, elle passe aussi avant tout
par de l'échange et on fait attention à ça,
en tout cas faire en sorte que les outils qu'on utilise aussi
puissent... enfin c'est rare un atelier où...
enfin c'est rare, ça n'existe pas un atelier
où on met deux heures des enfants derrière une tablette.
C'est pas l'idée.
L'idée c'est d'avoir ce temps d'échange
et c'est vrai qu'on sait très bien que quand on met
l'outil tablette au centre,
eh bien, on va vite perdre notre public.
Donc la tablette, ça va être juste une étape
par laquelle on va passer pour finaliser notre création.
Mais en fait, derrière tout ça, il y a autre chose.
On s'est dit que peut-être ça traduisait un besoin aussi
de comprendre le fonctionnement de la machine
pour ne plus en avoir peur,
parce que des ateliers qui peuvent nous permettre
de comprendre comment fonctionne la machine
permet de moins en avoir peur
ou en tout cas de peut-être plus la maîtriser.
Bah oui, clairement, il y a cette notion-là
et c'est vrai que la volonté de comprendre
c'est aussi quelque chose qui est assez présent
dans nos médiations sur le festival.
Donc on a toute une équipe de médiation
aussi sur le festival maintenant
et ça permet de capter pas mal de public
qui ne serait pas forcément soit pas à l'aise
avec l'univers artistique,
pas à l'aise même avec les lieux
ou pas à l'aise avec l'outil numérique.
Mais par contre, la question de comment ça fonctionne,
c'est une des questions qui revient le plus
et parce qu'en plus, on peut très bien engager
une conversation sans se dire qu'il faut à tout prix
que j'ai un jugement, que j'ai un avis
sur ce que je suis en train de voir.
Donc le comment ça fonctionne, ça revient souvent.
Donc dans nos ateliers, ça va aussi être présent
sur le comment ça fonctionne,
d'où cet atelier aussi de code sans écran.
Déjà, on a bien déconstruit le fait que vous,
votre approche n'est pas de dire
on va faire des ateliers pour apprendre
à utiliser des tablettes.
C'est pas votre approche.
Votre approche est un autre.
Et du coup, j'ai l'impression que,
comme on disait, c'est plus un moyen
pour libérer la créativité.
Mais du coup, dans votre esprit,
j'ai l'impression que vos objectifs,
au final, c'est de transmettre l'idée
que la culture peut être produite par tout le monde.
Est ce qu'on est plutôt du côté de l'éducation informelle,
du coup d'apprendre les choses d'une façon ludique
ou vraiment de l'éducation populaire,
de faire la culture avec les gens, pour les gens ?
Oui, c'est vrai que nous, c'est quelque chose
en tout cas qu'on met en avant
beaucoup dans notre démarche à l'action culturelle.
C'est que la culture, elle est partout.
Donc on ne parle pas tant d'éducation populaire,
on parle beaucoup de droits culturels.
Après, ça rejoint aussi des principes
qui sont plus ou moins similaires.
Je parle de mon exemple personnel,
mais moi, ce que j'aime beaucoup
en tant que chargée d'action culturelle chez Electronica,
c'est que quand je suis arrivée dans ce domaine-là,
je n'avais pas à arriver avec des connaissances
très techniques et poussées sur les outils qu'on utilise,
mais aussi tout le genre artistique derrière.
Puisque comme c'est quelque chose qui est assez récent,
finalement, ça se construit avec les gens
et ça se construit avec tout ce qui peut être,
ce qui est très contemporain en termes de création.
J'ai oublié de citer aussi des structures
et des partenaires avec qui on travaille beaucoup,
c'est le monde des étudiants.
Et c'est vrai que quand on mène des projets,
notamment avec les étudiants,
on découvre aussi ce qui pourra se créer demain.
Et on est vraiment là sur des projets d'action culturelle,
moi aussi, les artistes, peut-être,
on va potentiellement accompagner demain.
Et voilà, pour nous en tout cas, dans nos ateliers,
la culture, elle est partout.
Et justement, on aime bien l'aborder de cette manière.
Je parlais des bibliothécaires tout à l'heure.
Il y a beaucoup de bibliothèques qui nous contactent,
qui ont envie de mener par exemple des ateliers
autour du jeu vidéo,
mais en même temps, qui se sentent pas légitimes à aborder ça
parce qu'elles pensent que...
Je dis elles parce que c'est beaucoup de femmes.
Elles pensent que les jeunes qui fréquentent leur bibliothèque
en connaissent plus qu'elles sur ça
et qu'elles vont perdre pied,
en fait qu'elles vont pas pouvoir les accompagner dans tout ça.
Et au contraire, pour nous, on dit que c'est une richesse aussi
de se dire que dans cet atelier-là,
le rapport, il va être inversé peut-être.
Il y a la notion d'accueil de ce type de public,
mais on n'est plus dans...
On va vous conseiller à faire telle ou telle chose.
C'est plus comment on va pouvoir se mettre aussi un peu en difficulté
en tant que professionnel
pour en apprendre des publics avec qui on va travailler.
Bon, je crois qu'avec ce que vient de nous dire Manon,
on a compris que la culture est le point central
des ateliers d'Electronica
et qu'elle peut être vecteur d'apprentissage et de partage,
dans notre cas, autour des pratiques numériques.
Electronica, pour rappel, c'est une association
qui s'est fondée autour du festival maintenant,
le festival des arts, de la musique et des technologies.
Je vous envoie un autre épisode avec Benjamin Le Baron
pour en savoir plus.
Donc, un festival de prestations artistiques live
et d'exposition s'est mis à proposer des ateliers
d'actions culturelles autour du numérique.
Comment tout cela a commencé ?
Au départ, l'association Electroni-k,
enfin qui portait pas ce nom-là,
c'est une association étudiante qui est née ici, sur ce campus,
qui est née autour d'une soirée,
en fait, qui est autour d'une soirée live audiovisuelle
qui a été notamment programmée dans le cadre des Transmusicales
et elle a été élue au coup de cœur des Transmusicales
et cette soirée s'est reproduite
et au fur et à mesure est devenue festival.
Il y a eu un premier salarié qui était là
pour la coordination de la structure,
pour pouvoir coordonner notamment le festival
et la deuxième personne qui est arrivée en poste,
c'était une personne en action culturelle.
Donc, c'est quelque chose qui est assez fort aussi
dans la volonté de l'association
parce que déjà, ce qu'on mettait en avant sur le festival,
c'était des formes qui étaient nouvelles
ou pas forcément encore très connues.
Donc, il y avait vraiment besoin d'apporter aussi
des ressources en médiation sur ce temps de festival
et parce qu'on a eu envie de pouvoir diffuser
et sensibiliser au mieux ces esthétiques-là autour de nous
et aussi parce qu'on n'est pas une structure qui a un lieu,
on n'est pas un lieu d'exposition,
on n'est pas une salle de concert,
on reçoit du public sur le temps du festival
mais sinon, on vient monter des projets
avec des structures qui, elles, ont déjà leur public.
C'est vrai que c'est quelque chose qui reste encore assez récent.
Déjà, nous-mêmes, dans le champ des arts hybrides
et des cultures numériques,
on cherche encore des noms, des définitions,
comment on se qualifie.
On a un réseau qui est assez récent,
qui s'appelle le réseau HACNUM,
des acteurs qui travaillent autour des arts hybrides.
Donc, on sent qu'il n'y a pas encore
sur tous les territoires des personnes
qui travaillent autour de ces esthétiques.
Après, c'est aussi des esthétiques qui sont portées
par d'autres structures qui ne sont pas, en tout cas,
étiquetées comme telles.
on peut retrouver, par exemple,
sur des festivals comme Art Rock,
des expositions qu'on va, nous-mêmes, accueillir.
Il y a d'autres types de structures qui peuvent porter ça.
À l'époque, c'est vrai que,
je ne sais pas si on était les premiers sur Rennes,
mais en tout cas, on était dans les premiers
à pouvoir proposer ce type d'intervention.
Moi, je crois que quand on parle des assauts,
il y a toujours quelque part un monde idéal,
un rêve qu'on s'attend.
Du coup, quel est votre rêve pour l'avenir de votre milieu ?
Aller vers l'atelier où l'on part sur de l'évasion artistique,
qu'on soit pas raccroché à l'outil,
mais qu'on puisse toujours en apprendre plus
et découvrir plus de démarches d'artistes.
Après, c'est en termes de public
et en termes de médiation numérique et artistique à notre échelle,
ce serait aussi pouvoir travailler encore et encore plus
avec d'autres acteurs sur le territoire au-delà,
en France qui travaillent autour de notre domaine aussi,
et que ça se soit un véritable réseau qui se mette en place
et qu'il y ait une vraie reconnaissance
des arts hybrides et des cultures numériques à d'autres échelles.
Merci à Manon de Charles de l'association Electroni-k
de s'être prêté au jeu de l'interview d'Azerty.
Pour en savoir plus sur l'association,
on vous renvoie sur le site electroni-k.org.
Vous trouverez toutes les informations nécessaires
au sujet des ateliers et formations proposées par Electronica.
Et pour en savoir plus sur le Festival Maintenant et les arts hybrides,
on vous rappelle qu'on a fait un épisode au Festival Maintenant
avec un artiste.
C'est dispo en podcast dans notre flux.
Bref, comme d'habitude, si vous écoutez le podcast
et que cet épisode vous a plu,
n'hésitez pas à nous le dire, à nous laisser un avis
et à noter le podcast.
À bientôt pour un prochain épisode d'Azerty ! Sous-titres générés avec IA (Whisper), editing et proofing par Guglielmo Fernandez Garcia.
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